Le transporteur aérien irlandais Ryanair a annoncé ce lundi qu’il diminuerait de moitié ses vols au départ de Berlin à compter de l’automne prochain. La compagnie à bas coût justifie cette décision par la pression croissante exercée par un environnement fiscal jugé particulièrement défavorable en Allemagne. Un mouvement qui confirme la tension grandissante entre les compagnies low-cost et les politiques publiques en matière de taxes et de régulation du secteur aérien.\n\nDans un communiqué diffusé en début de semaine, Ryanair précise que son programme de vols sera fortement allégé sur l’aéroport international de Berlin-Brandebourg (BER), l’un de ses hubs majeurs pour la desserte de l’Europe continentale. « L’Allemagne applique des taxes aériennes parmi les plus élevées d’Europe, ce qui rend trop coûteux le maintien d’un fort niveau d’activité sur le territoire », déplore la direction.\n\nSelon les chiffres avancés par le groupe, la reduction annoncée devrait se traduire par la suspension de plusieurs routes et la diminution sensible des fréquences sur d’autres liaisons. Au total, Ryanair ne maintiendra que deux appareils basés à Berlin, contre cinq actuellement, entrainant une baisse estimée à environ 350 000 passagers par an. Cette décision pourrait également avoir un impact direct sur l’emploi, la compagnie prévoyant de réduire sensiblement ses effectifs sur site.\n\nL’annonce survient dans un contexte de débat sur la fiscalité verte et la lutte contre le changement climatique. L’Allemagne, à l’image de plusieurs économies européennes, a accru ces dernières années les taxes spécifiques imposées sur les billets d’avion, afin d’encourager un report vers des modes de transport moins polluants, tel que le train. Celui-ci pourrait bénéficier de cette évolution, d’autant que l’offre ferroviaire entre Berlin et certaines capitales européennes concurrençait déjà Ryanair sur plusieurs liaisons moyen-courrier.\n\nMichael O’Leary, directeur général de la compagnie, ne cache pas son mécontentement face à ces mesures : « Si le gouvernement fédéral allemand persiste à pénaliser les voyages aériens par des taxes inéquitables, cela découragera le tourisme international et portera préjudice à l’économie locale », estime-t-il. Ryanair appelle par ailleurs à une remise à plat de la politique tarifaire du secteur aérien, plaidant en faveur d’un allègement de la taxe passager aujourd’hui en vigueur.\n\nDu côté des autorités allemandes, cette réduction massive de l’offre suscite des réactions partagées. Si certains élus regrettent cette décision et craignent un effet négatif sur l’attractivité de la capitale, d’autres soulignent la nécessité de respecter les engagements du pays en matière d’environnement. Stefan Schwarz, porte-parole du ministère allemand des Transports, rappelle que « les compagnies aériennes doivent aussi prendre leur part dans la transition écologique ». Le gouvernement souligne également que d’autres transporteurs, soumis aux mêmes contraintes, n’ont pas annoncé pour l’heure un retrait similaire.\n\nCette nouvelle intervention de Ryanair relance le débat sur la fiscalité du transport aérien en Europe. Elle pourrait également influencer la stratégie d’autres compagnies low-cost opérant en Allemagne mais aussi dans d’autres aéroports du continent. Les prochains mois permettront d’en mesurer l’impact sur la connectivité de Berlin, alors que le secteur du transport aérien peine encore à retrouver pleinement le niveau d’activité d’avant la crise sanitaire.
