Nouvelle poussée de l’inflation en France. Selon les chiffres publiés par l’Insee ce mardi, la hausse des prix à la consommation a atteint 2,2% en avril 2024 sur un an. Après plusieurs mois de ralentissement, ce retour à la hausse marque une rupture de tendance et suscite de nouvelles inquiétudes quant au pouvoir d’achat des ménages.\n\nDans le détail, ce rebond de l’inflation s’explique principalement par la progression des prix dans deux secteurs clefs : l’alimentation et l’énergie. Les prix alimentaires, en particulier, continuent leur flambée. Ils ont augmenté de 3,6% sur un an, tirés par la progression des produits frais (+9,8%), des viandes (+4,5%) et des produits laitiers (+3,6%). Cette dynamique persiste malgré la baisse de l’inflation sous-jacente, qui exclut justement alimentation et énergie, tombée à 2,0% en avril, contre 2,3% le mois précédent.\n\nL’autre grand facteur de hausse concerne l’énergie. Elément déterminant ces derniers mois, la facture énergétique renoue avec la croissance, notamment sous l’effet de la révision des tarifs réglementés de l’électricité intervenue début février. Entre avril 2023 et avril 2024, les prix de l’électricité ont ainsi progressé de 8,6%. Cette augmentation impacte directement le budget des ménages, déjà fragilisé par la conjoncture.\n\nLe secteur des services, qui constitue la part la plus importante du panier de consommation, contribue également à l’évolution de l’indice, mais dans des proportions moindres (+2,6% sur un an). Les prix des loyers, de l’hôtellerie-restauration et le coût des transports restent en progression, bien qu’ils ralentissent par rapport aux derniers mois.\n\nCette nouvelle accélération de l’inflation intervient dans un contexte économique incertain. Les ménages, déjà éprouvés par une succession de hausses de prix depuis deux ans, voient leur pouvoir d’achat entamé. Plusieurs initiatives ont été prises par le gouvernement pour tenter d’atténuer l’impact, notamment en direction des ménages les plus vulnérables, mais elles peinent à compenser l’effet cumulé des augmentations sur les dépenses courantes.\n\nSur le front européen, la France n’est pas un cas isolé. La zone euro a enregistré un taux d’inflation de 2,4% en avril, contre 2,4% également le mois précédent, selon Eurostat. Plusieurs pays comme l’Allemagne ou l’Espagne connaissent également une pression sur les prix, alimentée par la volatilité des marchés de l’énergie et le maintien de certaines tensions sur les chaînes d’approvisionnement.\n\nDu côté de la Banque centrale européenne, le cap reste à la vigilance. Christine Lagarde, la présidente de l’institution basée à Francfort, a répété ces dernières semaines que la lutte contre l’inflation demeure la priorité, tout en indiquant surveiller de près l’impact de la hausse des taux sur la croissance économique. Les analystes anticipent un début d’assouplissement de la politique monétaire d’ici l’été si la tendance à la baisse de l’inflation se confirme sur les prochains mois. Mais les incertitudes persistent, tant sur l’évolution du marché de l’énergie que sur l’ampleur réelle du ralentissement économique.\n\nPour l’heure, l’Insee prévoit une inflation toujours supérieure à 2% en France pour les prochains mois, avant une possible décrue à l’automne. Reste à savoir si cette prévision résistera aux multiples aléas susceptibles de perturber une conjoncture décidément sous tension.
