Les activités cybersécurité du groupe Atos se retrouvent aujourd’hui au cœur du jeu, alors que le gouvernement affiche sa volonté claire de céder ce pan stratégique de l’entreprise. À l’occasion d’une intervention officielle, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a confirmé la position de l’État sur le devenir de cette branche considérée comme cruciale pour la souveraineté numérique française. Cette prise de parole intervient dans un contexte d’incertitudes persistantes sur l’avenir du géant français du numérique, actuellement en pleine tourmente financière.\n\nCréée il y a plusieurs décennies, la filière cybersécurité d’Atos s’est imposée au fil des années comme l’un des pôles de référence en matière de défense des systèmes d’information sensibles, que ce soit dans les secteurs publics, parapublics ou industriels. Forte de plusieurs milliers de collaborateurs spécialisés et de contrats avec des entités stratégiques, elle représente un actif majeur, tant sur le plan économique que technologique.\n\nFace aux difficultés de l’ensemble du groupe, la question du sort de ce pôle est depuis plusieurs mois au centre des discussions entre l’État, les dirigeants d’Atos, les créanciers et de potentiels repreneurs. Les interrogations portent tout autant sur la protection des compétences et des emplois, que sur la préservation de la souveraineté des solutions de cybersécurité françaises à l’heure où les menaces informatiques ne cessent de croître.\n\nPour le gouvernement, la cession des activités cybersécurité s’inscrit dans la volonté de sanctuariser les capacités nationales face au risque d’une prise de contrôle par des investisseurs étrangers ou par des acteurs financiers peu soucieux des enjeux stratégiques. « Ces activités ont vocation à être cédées », a ainsi affirmé Bruno Le Maire, ajoutant que l’État envisagerait un éventuel soutien ou accompagnement pour garantir que le nouvel acquéreur soit aligné avec les intérêts nationaux et européens.\n\nPlusieurs scénarios sont désormais à l’étude. Parmi eux figure un transfert majoritaire à un consortium industriel ou à une alliance franco-européenne, option qui aurait la faveur des autorités afin de préserver la continuité des missions de service public et le tissu d’innovation qui gravite autour du pôle cybersécurité d’Atos. D’après différentes sources proches du dossier, de premiers échanges exploratoires auraient eu lieu avec des entreprises hexagonales du secteur mais également avec des fonds d’investissement spécialisés dans les infrastructures sensibles.\n\nCette éventuelle cession n’est pas sans conséquence sur la recomposition de la filière cybersécurité française. Les acteurs du secteur restent vigilants sur la capacité du futur repreneur à maintenir l’offre, les emplois et les investissements dans la recherche et développement. À travers Atos, c’est aussi l’enjeu de la protection de données critiques – celles des ministères, des hôpitaux ou de grandes entreprises industrielles – qui se retrouve posé. Dans un entretien accordé à la presse, plusieurs représentants syndicaux ont rappelé que la stabilité de l’emploi et la transmission des savoir-faire étaient capitales pour garantir la résilience de l’écosystème national.\n\nEn parallèle, l’État se dit prêt à jouer son rôle de garant de l’intérêt général. Interrogé sur une éventuelle prise de participation future ou sur des mesures de soutien financier, Bercy n’exclut aucune piste, tout en veillant à ce que le processus de cession intervienne dans la plus grande transparence. Le calendrier demeure encore incertain, mais la ligne de conduite est désormais claire : les activités cybersécurité d’Atos changeront de main, sous la vigilance accrue des pouvoirs publics.
