Le groupe d’assurance Axa a confirmé, à l’issue de son assemblée générale annuelle, le renouvellement du mandat de son directeur général, Thomas Buberl, pour une durée de quatre ans. L’événement, qui s’est tenu ce mardi au cœur de Paris, a toutefois été marqué par l’irruption de militants écologistes venus manifester leur mécontentement face à la politique climatique de l’assureur, témoignant d’une pression grandissante sur les grandes entreprises du secteur financier pour aligner leurs investissements sur les objectifs de la transition énergétique.
Si la reconduction de Thomas Buberl à la tête d’Axa n’a fait l’objet d’aucune surprise – le conseil d’administration avait largement fait part de sa confiance au dirigeant, présent dans le groupe depuis 2012 et directeur général depuis 2016 – l’assemblée générale a été perturbée par l’intervention de plusieurs activistes. Ces derniers ont pris la parole dans la salle, exigeant de l’assureur qu’il cesse de soutenir, directement ou indirectement, des projets d’extraction d’énergies fossiles, notamment via la souscription de contrats d’assurance à destination d’entreprises pétrolières ou gazières. Certains militants ont également déployé des banderoles et scandé des slogans en faveur d’un désengagement accéléré des combustibles fossiles, symbolisant la contestation d’un actionnariat désormais sensibilisé aux enjeux de responsabilité environnementale.
Face à ces interpellations, Thomas Buberl s’est voulu rassurant, rappelant les engagements pris par le groupe en matière de développement durable. « Axa est l’un des premiers assureurs mondiaux à s’être engagé, dès 2015, en faveur d’une sortie progressive du charbon et à limiter ses relations avec les acteurs les plus émetteurs, notamment dans le secteur énergétique », a-t-il souligné à la tribune. Selon le groupe, Axa a également renforcé ses critères d’investissement et de souscription au cours des dernières années, privilégiant désormais des projets compatibles avec l’Accord de Paris sur le climat.
Pour autant, ces efforts n’ont pas suffi à apaiser la méfiance de certains actionnaires et organisations non gouvernementales, qui jugent la feuille de route toujours trop timide au regard de l’urgence climatique. Plusieurs résolutions avancées par des coalitions d’actionnaires engagés ont d’ailleurs été soumises au vote, demandant une transparence accrue sur l’exposition d’Axa à l’industrie des énergies fossiles et la fixation d’objectifs plus ambitieux de réduction des émissions indirectes. Toutefois, ces résolutions n’ont pas obtenu la majorité requise, signe que le capital de l’assureur reste encore largement soudé derrière la direction actuelle.
En dépit des contestations, Thomas Buberl ressort politiquement renforcé de cette assemblée turbulente. Il pourra donc poursuivre la transformation engagée au sein d’Axa, avec l’ambition affichée d’asseoir le groupe parmi les chefs de file de l’assurance durable. « Nous sommes à un tournant. La solidité financière d’Axa doit aller de pair avec un engagement accru pour la société et l’environnement », a affirmé le dirigeant, tout en reconnaissant une nécessaire accélération des initiatives. Le nouvel exercice s’annonce placé sous le sceau d’une vigilance accrue des parties prenantes, avec le défi de concilier rentabilité et exemplarité écologique.
