À l’approche de la Coupe du Monde de football 2026, qui se tiendra pour la première fois dans trois pays nord-américains — États-Unis, Canada et Mexique — l’industrie hôtelière américaine attendait un afflux massif de touristes et de supporters. Mais alors que la phase de réservation pour les chambres d’hôtel avait suscité de grands espoirs, la réalité s’avère en demi-teinte : le taux de remplissage des établissements, loin d’atteindre les records espérés, déçoit une grande partie de la profession.\n\nDes villes comme New York, Los Angeles, Houston et Miami, toutes hôtes de plusieurs matchs phares, anticipaient initialement des taux d’occupation quasi complets. « Nous pensions vendre toutes nos chambres plusieurs mois à l’avance », confie un responsable d’un groupe hôtelier présent dans tout le pays. Toutefois, les chiffres communiqués par différentes chaînes et agences de réservation dressent un tableau nuancé. Dans certaines métropoles, moins de la moitié des chambres prévues pour l’événement ont trouvé preneur à ce jour, malgré de multiples opérations de promotion et l’attrait mondial que génère la Coupe du Monde.\n\nLes professionnels du secteur pointent plusieurs facteurs pour expliquer cette tendance. D’une part, l’annonce précoce des sites et du calendrier laisse encore planer l’incertitude sur les matchs qui se dérouleront dans chaque ville, ce qui retarde souvent les décisions des supporters voyageurs. D’autre part, la hausse sensible des prix pratiquée par de nombreux établissements dans l’attente d’une demande exponentielle pourrait avoir refroidi une partie de la clientèle, quitte à encourager celle-ci à rechercher des hébergements alternatifs. « Certains tarifs ont doublé ou triplé en quelques semaines, et cela n’a pas échappé aux fans, surtout ceux qui souhaitent venir en famille ou en groupe », analyse une responsable régionale de l’hôtellerie.\n\nLes plateformes de location de logements entre particuliers, telles qu’Airbnb ou Vrbo, attestent d’un intérêt plus marqué, mais elles connaissent elles aussi des volumes en-deçà des attentes. Dans ce contexte, certains hôtels ont déjà commencé à revoir leur politique tarifaire à la baisse afin d’attirer davantage de clients et éviter de laisser des chambres vides durant l’événement. Plusieurs études du secteur touristique américain soulignent que la demande pourrait rester irrégulière, avec des pics attendus uniquement autour des matchs impliquant des équipes à forte notoriété, comme l’Argentine, le Brésil, l’Angleterre ou la France.\n\nLe secteur hôtelier craint une répétition de certaines désillusions constatées lors de grands événements passés, notamment après les Jeux olympiques de Rio en 2016 ou le Mondial de Russie en 2018, où le nombre de visiteurs étrangers s’était révélé inférieur aux prévisions optimistes. « Le contexte international — inflation, inquiétudes géopolitiques, coût des billets d’avion — joue inévitablement un rôle dans l’hésitation à voyager », constate un analyste spécialisé dans l’industrie du tourisme.\n\nSi la Coupe du Monde demeure synonyme d’opportunité commerciale majeure, nombre d’opérateurs du secteur hôtelier se montrent plus prudents aujourd’hui. « L’événement offrira une visibilité sans précédent à nos villes et reste une formidable occasion pour le pays. Mais il ne faut pas se contenter d’attendre les réservations les bras croisés : il faudra adapter nos offres, cibler les clientèles et peut-être revoir nos prévisions à la baisse », conclut un porte-parole d’une grande chaîne. En attendant que les supporters du monde entier confirment leur venue, l’industrie hôtelière américaine garde donc son sang-froid, en espérant que l’engouement mondial pour le football se traduira malgré tout en taux d’occupation record.
