Malgré la multiplication des alertes et des annonces gouvernementales, le plastique reste omniprésent dans les rayons des grandes surfaces françaises. Un constat dénoncé une fois de plus par plusieurs organisations non gouvernementales qui pointent l’insuffisance des actions mises en œuvre pour endiguer ce phénomène qui menace l’environnement. \n\n
Bouteilles d’eau alignées par dizaines, légumes soigneusement emballés sous blister, fruits coupés conditionnés dans du plastique rigide… Les rayons des supermarchés arborent toujours la même palette de produits sur-emballés, au grand dam des associations de défense de l’environnement. « Malgré la montée en puissance de la prise de conscience écologique auprès des consommateurs, le plastique jetable est encore partout », déplorent-elles. \n\n
Des actions jugées insuffisantes\n\n
Si certains distributeurs mettent en avant leurs efforts – suppression de certains emballages plastiques, introduction de sachets compostables ou de rayons vrac – les avancées demeurent selon les ONG largement insuffisantes au regard de la pollution engendrée par ce matériau. Selon le dernier rapport de l’ONG Zero Waste France, plus de 50% des produits alimentaires proposés en grande surface sont encore vendus dans des contenants plastiques à usage unique. \n\n
Les fruits et légumes ne sont pas épargnés. Même lorsque la réglementation impose une suppression progressive des emballages pour certains produits frais, la réalité sur le terrain montre que les alternatives tardent à se généraliser. « Nous constatons une certaine inertie dans le secteur, avec une adaptation à la marge et des stratégies de contournement qui persistent », pointe Anna Richard, porte-parole de l’association. \n\n
Des objectifs fixés mais difficilement atteints\n\n
En 2020, la France avait pourtant adopté la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), visant entre autres à interdire progressivement les emballages plastiques pour les fruits et légumes non transformés. Mais à la veille de l’échéance fixée pour de nombreuses références, force est de constater que les rayons ne se sont pas vidés de leurs films de plastique. « Certaines grandes surfaces se contentent de remplacer le film plastique par du plastique plus épais ou de détourner la loi en mettant en avant le caractère « transformé » de certains produits », regrette Zero Waste France. \n\n
Les responsables des enseignes mettent en avant la complexité de la tâche. « Nous sommes contraints par la logistique, la conservation des produits et les attentes des fournisseurs », plaide un cadre d’un grand groupe de distribution. Mais pour les associations, il s’agit avant tout d’une question de volonté politique et de choix industriels. \n\n
Des alternatives encore peu massives\n\n
Côté consommateurs, la demande pour des produits plus respectueux de l’environnement se fait entendre, mais elle ne suffit pas à renverser la tendance. Les rayons vrac se développent certes, mais leur part reste marginale. Les matières alternatives, comme le papier ou le carton, se heurtent aussi à des contraintes de coût et de logistique. « Tant que le plastique restera la solution la moins chère et la plus aisée pour les industriels, son usage perdurera », observe un expert du secteur de la distribution. \n\n
Les ONG appellent donc les autorités publiques à renforcer les contrôles, accélérer les échéances et soutenir l’innovation pour rendre viables à grande échelle des solutions d’emballage plus durables. Malgré les communications optimistes de certains industriels, la marche vers la sortie du plastique en grandes surfaces semble encore largement entravée par des intérêts économiques et des habitudes de consommation bien ancrées.
