La récente déclaration du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a ravivé les tensions déjà palpables entre les États-Unis et Cuba. Accusé par les autorités cubaines de mettre en place un blocus pétrolier à l’encontre de l’île, le responsable américain a vigoureusement nié ces allégations, ajoutant une nouvelle dimension à un différend de longue date entre les deux pays. Le gouvernement cubain, de son côté, a dénoncé ce qu’il considère comme une «menterie» de la part de Washington, renforçant ainsi la rhétorique conflictuelle entre les deux capitales.
Lors d’une conférence de presse donnée à Washington, Marco Rubio a tenu à clarifier la position américaine, affirmant que «les États-Unis n’ont jamais imposé, ni mis en œuvre, un quelconque blocus pétrolier visant Cuba». Il a précisé que l’administration américaine «respecte les régulations internationales concernant le commerce des ressources énergétiques», tout en reconnaissant que des sanctions économiques plus larges demeurent appliquées à l’encontre de Cuba, principalement en raison du dossier des droits de l’homme et du soutien cubain à certains régimes latino-américains controversés.
À La Havane, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les autorités cubaines ont accusé Marco Rubio de «mentir effrontément», dénonçant une stratégie destinée à «dissimuler la responsabilité de Washington dans la grave situation énergétique que traverse le pays». Selon le gouvernement cubain, cet état de fait se manifeste par des coupures d’électricité récurrentes et des difficultés d’approvisionnement en carburant, qui affectent aussi bien les transports publics que les activités économiques de base.
D’après les représentants cubains, la politique américaine viserait à dissuader les compagnies pétrolières et les armateurs étrangers de commercer avec Cuba par le biais de pressions économiques et juridiques indirectes, même en l’absence d’un embargo formel sur le pétrole. La diplomatie cubaine estime que les mesures punitives prises à l’encontre de navires transportant du pétrole vers Cuba, ainsi que la surveillance intense des transactions financières liées à l’énergie, ont pour effet de «perturber gravement l’accès du pays à des quantités suffisantes de pétrole brut et de dérivés».
Du point de vue américain, il s’agit avant tout d’une application stricte du régime de sanctions déjà en place depuis des décennies. Marco Rubio a ainsi mis en avant le fait que «rien n’empêche, sur le papier, des acteurs tiers de commercer avec Cuba», insistant sur le caractère «limité et ciblé» des mesures en vigueur. Ce discours contraste toutefois avec le vécu de nombreuses entreprises étrangères, qui font état de menaces de sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion du système financier américain.
En toile de fond de cette controverse figure la crise énergétique majeure que traverse l’économie cubaine depuis plusieurs mois. Sur le terrain, la population est confrontée à un rationnement régulier du carburant, tandis que les autorités doivent composer avec une offre réduite de pétrole à importer, notamment en provenance de fournisseurs traditionnels tels que le Venezuela ou la Russie. Plusieurs analystes considèrent que les difficultés aggravent une situation socio-économique déjà fragilisée par la pandémie, l’inflation et l’exode massif de jeunes actifs.
La question de l’approvisionnement énergétique est donc centrale, tant pour la stabilité intérieure du pays que pour ses relations extérieures. Face à la persistance du bras de fer entre Washington et La Havane, les perspectives de règlement rapide de ce contentieux semblent pour l’heure incertaines, alors que la population cubaine continue de payer le prix de ce différend historique.
