Le ministère du Travail a dévoilé ce mardi une série de mesures destinées à soutenir la Défense nationale dans ses efforts de recrutement, alors que le secteur anticipe d’importants besoins en main-d’œuvre. D’ici à 2030, pas moins de 100 000 postes devront être pourvus, une ambition qui place l’industrie de la Défense au cœur des préoccupations du gouvernement en matière d’emploi et de formation. Sur fond de tensions géopolitiques et d’un contexte international incertain, la France entend ainsi garantir la souveraineté de sa filière et le renouvellement de ses compétences stratégiques.
Le constat partagé par le ministère du Travail est sans équivoque : l’industrie de la Défense fait face à une véritable guerre des talents. Le secteur, qui regroupe aussi bien la fabrication d’armements, l’aéronautique militaire, la cybersécurité que la maintenance des équipements, peine à recruter. Les candidats qualifiés se font rares, alors même que les commandes publiques augmentent et que la modernisation des forces exige une main-d’œuvre spécialisée et hautement formée.
Pour répondre à ces défis, le gouvernement entend multiplier les passerelles entre l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et les besoins concrets des industriels. « Accompagner la montée en compétences et attirer de nouveaux profils constitue un enjeu majeur pour notre souveraineté, » a souligné le ministre du Travail lors de la présentation du plan d’action. Celui-ci prévoit une collaboration renforcée avec les acteurs de l’Éducation nationale et de l’enseignement technique, mais aussi le déploiement de dispositifs de formation dédiés et le recours à l’apprentissage. Les métiers en tension, tels que les techniciens de maintenance, les ingénieurs systèmes ou les spécialistes de la cybersécurité, sont particulièrement visés par ces mesures.
L’État entend également accentuer la valorisation des métiers de la Défense auprès du grand public, avec une communication ciblée pour susciter des vocations, notamment chez les jeunes et les personnes en reconversion professionnelle. « Il s’agit de casser les stéréotypes qui entourent souvent ces professions, pour montrer que le secteur offre des parcours stimulants, porteurs de sens et d’avenir, » ajoutent les conseillers du ministère. Des campagnes d’information, soutenues par les industriels et les branches professionnelles, seront déployées dès la rentrée prochaine.
En parallèle, l’accent sera mis sur l’innovation sociale au sein des entreprises du secteur, avec des mesures d’accompagnement à la mobilité, à la féminisation des métiers, ainsi qu’à l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Les parcours de formation seront adaptés pour répondre aux besoins en compétences de demain, intégrant les enjeux de transition écologique et de transformation digitale que connaissent également les industries de Défense.
Ce plan devrait s’appuyer largement sur Pôle emploi, les services publics de l’emploi et les régions, afin de mailler le territoire et d’identifier les bassins d’emploi porteurs. « Il faut aller chercher les talents partout où ils se trouvent et faire connaître les opportunités offertes par la filière de Défense sur l’ensemble du territoire national, » insistent les services de l’État.
Si le défi s’annonce de taille, le ministère du Travail se veut optimiste. Selon les premiers scénarios élaborés par la Direction générale de l’armement et les fédérations professionnelles, la filière pourra quasiment doubler le nombre d’entrées annuelles en formation d’ici cinq ans, sous réserve de la mobilisation de tous les acteurs. Le succès de cette mobilisation collective sera décisif pour permettre à la France de disposer des compétences indispensables à la défense de ses intérêts et de sa souveraineté à l’horizon 2030.
