Le célèbre investisseur et magnat du secteur minier, Robert Friedland, lance un avertissement sans détour au monde économique : une nouvelle crise pourrait faire passer la pandémie de Covid-19 pour un moment de moindre importance. Connu pour ses prises de positions tranchées et son flair en matière de ressources naturelles, Friedland s’exprime avec force sur les déséquilibres croissants qui menacent l’économie mondiale, et notamment sur le rôle-clé des métaux stratégiques, tel que le cuivre.

Au cours de sa longue carrière, Robert Friedland a été surnommé l’oracle du cuivre, en raison de ses anticipations précises des cycles du marché et de ses investissements judicieux dans d’importants gisements miniers. Aujourd’hui, il estime que l’économie internationale s’engouffre dans une zone de turbulences, avec des répercussions bien plus déstabilisatrices que celles causées par le choc sanitaire planétaire de 2020. Pour Friedland, la pandémie n’aurait été qu’un prélude à des défis systémiques exacerbés par l’accélération de la transition énergétique, l’inflation persistante et la fragilité de nombreuses chaînes d’approvisionnement.

« Nous sommes à l’aube d’une pénurie mondiale de métaux critiques », alerte-t-il, soulignant en particulier l’enjeu du cuivre, matériau indispensable à la révolution verte – batteries, éoliennes, réseaux électriques intelligents et véhicules électriques en consommant toujours plus. Selon Friedland, l’offre mondiale de cuivre ne suit pas le rythme de la demande, faute de nouveaux investissements massifs dans l’exploration et l’extraction minière. Il pointe du doigt la difficulté croissante d’obtenir des permis d’exploitation, la pression environnementale et sociale grandissante sur les producteurs, et la raréfaction des nouveaux gisements à forte teneur.

L’ensemble de ces facteurs contribue à tendre des marchés déjà sujets à la volatilité. Si les prix du cuivre et d’autres matières premières devaient s’envoler, les coûts de production augmenteraient pour l’industrie et les tensions géopolitiques autour des ressources se renforceraient. Friedland considère que ce cocktail explosif pourrait engendrer une crise « structurelle », bien plus profonde que la récession liée au Covid : elle toucherait à la fois la production industrielle, le pouvoir d’achat, l’emploi, mais aussi la capacité du monde à tenir ses engagements en matière de décarbonation.

Pour l’oracle du cuivre, la crise qui s’annonce ne peut être évitée qu’au prix d’une profonde remise en question des politiques publiques, notamment en matière de soutien à l’industrie minière responsable et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement stratégiques. Il invite les investisseurs et les décideurs à anticiper le choc plutôt qu’à le subir, mettant en avant la nécessité d’intégrer pleinement la question des matières premières dans les stratégies économiques nationales et internationales.

Dans un contexte de transformations rapides, Robert Friedland rappelle que l’histoire économique est jalonnée de ruptures brutales. Il estime que la résilience future ne se construira pas uniquement sur des innovations technologiques, mais aussi sur une redéfinition des priorités concernant l’accès aux ressources. Parmi les scénarios qu’il évoque, la multiplication de conflits autour des métaux critiques n’est plus, selon lui, une lointaine hypothèse mais bel et bien une menace imminente. Au fil de ses prises de parole, il insiste sur l’urgence d’une prise de conscience collective : sans matières premières, pas de transition, ni énergétique, ni numérique, ni industrielle.

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