L’avenir de Polytechnyl, entreprise clé de la filière chimique dans le bassin lyonnais, est sur le point de se jouer. Ce lundi, les 550 salariés de l’usine située à Saint-Fons, au sud de Lyon, devraient être fixés sur leur sort, alors que le tribunal de commerce de Lyon doit se prononcer sur l’avenir du site industriel. Ce rendez-vous crucial intervient après des mois d’incertitude et de tensions autour du maintien de l’activité et de l’emploi.
Polytechnyl, spécialisée dans la fabrication de polymères entrant dans la composition de nombreux produits plastiques, avait été placée en redressement judiciaire en début d’année. La société, autrefois filiale du groupe Solvay avant d’être vendue à une holding internationale, a subi de plein fouet la crise de la demande dans le secteur automobile, un de ses principaux débouchés, ainsi que la flambée des prix de l’énergie. Conséquence : son modèle économique n’était plus viable, condamnant rapidement sa trésorerie.
Face à la menace de disparition du site, les représentants du personnel et les syndicats se sont mobilisés, alertant les pouvoirs publics sur les conséquences humaines et économiques d’une fermeture. Plusieurs manifestations ont été organisées devant l’usine et en centre-ville de Lyon, tandis que les collectivités locales, conscientes du poids du site dans le tissu économique régional, ont plaidé pour une solution industrielle permettant de préserver un maximum d’emplois.
L’exécutif se veut attentif au dossier. L’État, via le ministère de l’Industrie, a encouragé la recherche de repreneurs et promis son soutien à tout plan garantissant la pérennité des activités stratégiques et des postes de travail sur le site rhodanien. Mais la complexité du dossier, sur fond de difficultés globales du secteur des plastiques en Europe, limite considérablement le nombre de candidats susceptibles de reprendre l’usine dans sa configuration actuelle.
Selon nos informations, plusieurs offres, essentiellement des projets de reprise partielle, ont été déposées devant le tribunal. Toutefois, elles porteraient principalement sur des segments spécifiques, tels que la recherche ou la transformation de certains polymères, et ne permettraient pas de sauver l’intégralité des emplois. Les représentants des salariés craignent donc une vague de licenciements, malgré l’espoir que certains postes puissent être « reclassés » dans d’autres sites industriels ou dans les entreprises postulantes à une reprise partielle.
Pour le bassin sud-lyonnais, l’enjeu est également territorial. Polytechnyl figure parmi les principaux employeurs de Saint-Fons, et sa disparition aurait des répercussions directes sur les sous-traitants, la logistique, ainsi que sur le tissu commercial local. Les élus locaux s’inquiètent donc d’un « effet domino » et appellent à une solution rapide, impliquant l’ensemble des parties prenantes, de l’État jusqu’aux collectivités territoriales.
Au terme de l’audience prévue ce lundi, le tribunal de commerce de Lyon pourrait soit accepter l’une des offres sur la table, soit acter la liquidation de l’entreprise si aucune solution de reprise viable ne se présente. Dans un cas comme dans l’autre, les prochains jours s’annoncent cruciaux pour l’avenir des 550 salariés de Polytechnyl, mais aussi pour l’avenir industriel du territoire.
