Alors que le conflit au Moyen-Orient soulève des inquiétudes quant à la stabilité de l’approvisionnement énergétique mondial, le gouvernement français assure que la France dispose encore de marges suffisantes en carburant. Interrogé ce lundi matin sur les conséquences potentielles du conflit sur les marchés pétroliers, Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, s’est voulu rassurant : selon lui, la France dispose d’importants stocks et ne risque aucune pénurie immédiate, même si le conflit devait perdurer.\n\n »On a des mois devant nous avant de connaître la moindre pénurie de carburant. Les stocks sont solides, les flux d’approvisionnement sont intacts à ce stade et le gouvernement suit la situation de très près », a déclaré le ministre. Roland Lescure reconnaît que la flambée des cours du pétrole, déclenchée par l’escalade du conflit israélo-palestinien, impacte déjà les marchés internationaux. Cependant, il insiste sur la capacité de la filière française et européenne à absorber temporairement ce choc : « Nos opérateurs sont rodés pour faire face à ce type de stress sur les marchés. Nous avons une régulation qui sécurise nos stocks stratégiques et nous permet d’amortir les soubresauts géopolitiques. »\n\nDepuis la reprise des hostilités, les prix du baril de Brent ont connu une hausse de près de 4 %, suscitant des craintes quant à la répercussion sur les prix à la pompe pour les particuliers et sur les charges des entreprises. Sur ce point, Roland Lescure mise sur la résilience du secteur et sur la coordination européenne : « Nous travaillons main dans la main avec nos partenaires européens et l’Agence internationale de l’énergie pour garantir la fluidité des échanges. L’Union européenne dispose aussi de stocks stratégiques qui peuvent être mobilisés en cas de besoin. »\n\nMalgré ces assurances, certains syndicats du secteur estiment que la situation reste précaire et craignent, à plus long terme, un durcissement des marchés si le conflit s’enlise ou s’étend à d’autres pays producteurs. Mais Roland Lescure balaye, pour l’instant, le risque d’une situation similaire à celle de 1973, lorsque le choc pétrolier avait profondément bouleversé l’économie mondiale : « Nous sommes dans un tout autre contexte. Nos sources d’approvisionnement sont aujourd’hui diversifiées, et notre industrie a tiré de nombreuses leçons des crises passées. »\n\nLe ministre a aussi rappelé l’engagement du gouvernement à soutenir les ménages et les entreprises face à l’augmentation des prix, en maintenant notamment la « vigilance » sur les agissements des distributeurs et raffineurs. Il appelle néanmoins à la « responsabilité » de chacun pour éviter la spéculation et l’inquiétude injustifiée, tout en assurant que les autorités « utilisent tous les leviers disponibles pour stabiliser les prix » si nécessaire.\n\nSi la guerre au Moyen-Orient fait peser des incertitudes sur les marchés énergétiques, le gouvernement mise donc sur la robustesse de ses dispositifs de gestion de crise et sur la concertation européenne pour garantir la sécurité d’approvisionnement des consommateurs français. À ce stade, assure Roland Lescure, la France a les moyens de faire face : « Il n’y a pas de raison de paniquer. Nous anticipons et nous protégeons les Français. »

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