Le gouvernement a franchi une nouvelle étape pour soutenir le secteur du bâtiment et des travaux publics face à la hausse continue des prix des carburants. L’arrêté instaurant une aide spécifique pour ces entreprises a en effet été publié ce jeudi au Journal officiel, concrétisant ainsi une annonce attendue depuis plusieurs semaines par les organisations professionnelles.
Ce dispositif exceptionnel s’adresse aux entreprises de toutes tailles, qu’il s’agisse d’artisans, de petites sociétés ou de grands groupes du BTP. Il vise à compenser la flambée des prix du gazole non routier, indispensable pour alimenter les engins de chantier et les véhicules spécialisés. Depuis le début de l’année, les acteurs du secteur tirent la sonnette d’alarme quant à l’impact de la hausse des coûts sur la rentabilité des chantiers et la pérennité de nombreuses sociétés.
Ainsi, le soutien financier prend la forme d’une subvention calculée sur la base des volumes de carburant consommés au cours des derniers mois. L’aide sera versée sur demande, après dépôt d’un dossier auprès des services de l’État. Les modalités précises d’attribution et le calendrier des versements ont été détaillés dans le texte publié au Journal officiel. Selon le ministère de l’Économie, ce sont près de 100 000 entreprises qui pourraient ainsi être éligibles au dispositif.
Les fédérations du secteur, notamment la Fédération Française du Bâtiment (FFB) et la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP), ont salué cette mesure, qu’elles réclamaient de longue date. « C’est une véritable bouffée d’oxygène pour de nombreux artisans et PME, qui voyaient leurs marges s’éroder dangereusement à cause de l’envolée des charges d’exploitation », déclare Olivier Salleron, président de la FFB. La FNTP met également en avant l’urgence à soutenir une filière essentielle à la relance économique, dont les carnets de commandes peinent à se remplir sous la pression de l’inflation et du ralentissement de l’investissement public local.
Pour l’exécutif, il s’agit d’un signal fort envoyé à une profession fragilisée par les turbulences économiques mondiales. « Nous avons entendu les inquiétudes de terrain et nous agissons pour préserver l’activité et l’emploi dans les territoires », précise-t-on au cabinet du ministre délégué chargé de l’Industrie. Une enveloppe budgétaire de plusieurs centaines de millions d’euros a été débloquée pour financer ce soutien temporaire.
Les entreprises intéressées sont invitées à se rapprocher de leurs organisations professionnelles ou à consulter le site du ministère de l’Économie pour connaître les modalités pratiques, les plafonds d’aide et les justificatifs à produire. Du côté des syndicats, on appelle toutefois à maintenir la vigilance sur la trajectoire des prix du carburant, qui reste très dépendante des cours mondiaux et du contexte géopolitique.
L’annonce intervient alors que de nouvelles discussions sont programmées entre les représentants du secteur et le gouvernement sur la fiscalité du gazole non routier et la transition à venir vers des modes d’énergie plus durables. Pour l’heure, la profession, qui emploie plus de 1,5 million de salariés en France, espère que ce coup de pouce permettra de préserver l’activité sur le terrain, à l’heure où de nombreux chantiers peinent à trouver leur équilibre économique.
