À trois ans de l’élection présidentielle, le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, précise les grandes lignes du projet économique que son mouvement entend défendre en 2027. Placé sous le signe de la simplification et d’une meilleure lisibilité pour les salariés, ce programme vise notamment à ramener les priorités sociales et fiscales au cœur du débat public, misant sur un rapprochement concret entre salaire brut et salaire net.

Lors d’un entretien accordé à plusieurs médias, Jordan Bardella a expliqué vouloir mettre un terme à l’opacité entourant la fiche de paie des salariés français. «Les travailleurs doivent pouvoir voir exactement ce qu’ils gagnent et ce qu’il leur reste après les prélèvements obligatoires», affirme-t-il. Pour cela, l’un des axes phares de son programme consistera à «rapprocher le salaire brut du salaire net», c’est-à-dire réduire significativement le niveau des charges sociales directement prélevées sur le bulletin de paie, afin que «le travail paie plus». Ce rapprochement, qui n’a pas encore été chiffré dans le détail, constituerait une transformation profonde du modèle actuel de la protection sociale française.

L’objectif affiché : redonner du pouvoir d’achat aux actifs, dans un contexte inflationniste qui a érodé le revenu disponible de nombreuses catégories de la population. Selon le leader du RN, cette mesure serait financée par «une rationalisation des dépenses publiques» et par la réorientation partielle de certaines aides et dispositifs sociaux jugés inefficientes ou, selon ses termes, «favorisant l’assistanat au détriment du travail».

Une autre promesse majeure du programme consiste en une vaste «simplification administrative». Bardella cible en priorité les prélèvements sociaux et fiscaux, estimant que la complexité du système actuel pénalise autant les employeurs que les salariés. Lean leader du RN propose ainsi une réduction du nombre de lignes sur la fiche de paie, une clarification du calcul de l’impôt sur le revenu, et une refonte des dispositifs d’exonérations sociales pour se concentrer sur des mécanismes plus lisibles. «L’usine à gaz fiscale est devenue un frein à l’initiative et au travail», martèle celui qui entend porter la cause des classes moyennes et populaires.

Dans le détail, Jordan Bardella rappelle la volonté du Rassemblement national de réindustrialiser le pays, de privilégier le «made in France» et de lutter contre le dumping social et fiscal. Il pointe du doigt les conséquences de la mondialisation et de la concurrence déloyale au sein de l’Union européenne – un argument récurrent du RN – et affirme vouloir renégocier certains traités pour protéger la souveraineté économique de la France.

Par ailleurs, le chef du RN promet également de conserver et même renforcer certaines prestations sociales ciblées, tout en conditionnant davantage l’accès à certains minima sociaux à la recherche effective d’un emploi ou à l’engagement dans une formation. Cette stratégie, dit-il, aurait pour but de restaurer «l’équilibre entre la solidarité nationale et la valorisation du travail».

Jordan Bardella insiste enfin sur la nécessité de rassurer les épargnants et de restaurer la confiance dans l’économie française, en défendant des mesures destinées à garantir la stabilité fiscale et à modérer l’endettement public. «Nous voulons démontrer qu’il est possible de réformer sans brutalité, mais avec une exigence absolue de clarté et d’efficacité pour l’ensemble des Français», conclut-il, plaçant la question économique au centre de la bataille électorale de 2027.

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