À l’approche de l’échéance présidentielle de 2027, Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), s’emploie à clarifier et à préciser les grandes lignes de son programme économique. Soucieux de projeter une image de sérieux et de responsabilité, le dirigeant, qui incarne la jeune garde de l’extrême-droite française, privilégie les thèmes de la simplification administrative et du rapprochement entre le salaire brut et le salaire net, positionnant ces axes comme des piliers de sa stratégie pour séduire un électorat élargi.\n\nL’un des volets centraux de son plan consiste à réduire l’écart entre salaire brut et salaire net, jugé excessif en France du fait d’un niveau historiquement élevé de prélèvements obligatoires. Jordan Bardella propose de simplifier la fiche de paie, qu’il considère comme désormais incompréhensible pour la plupart des salariés, tout en plaidant pour une meilleure transparence sur la rémunération. L’objectif affiché : permettre à chaque salarié de percevoir directement, et plus lisiblement, le montant réellement touché, ce qui impliquerait, selon ses déclarations, une réorganisation de la structure des cotisations sociales. Bardella mise ainsi sur l’idée que rendre visible le « vrai salaire » nourrira le pouvoir d’achat, un thème qui figure en tête des préoccupations des Français.\n\nDans ce même esprit de « simplification », le président du RN souhaite mettre fin à la «complexité administrative» qui pèserait, selon lui, sur les entreprises comme sur les particuliers. Il s’agit, assure-t-il, de réduire les formulaires, d’alléger les démarches et de limiter la multiplication des normes. Le projet table sur une refonte majeure du corpus réglementaire concernant la fiscalité et les obligations sociales, avec l’ambition d’améliorer l’attractivité du territoire et de faciliter la croissance des petites et moyennes entreprises. Bardella estime qu’une administration allégée serait synonyme de compétitivité accrue pour l’économie française, mais aussi de simplification du quotidien pour les ménages.\n\nBien que le détail chiffré des mesures reste à affiner, le leader d’extrême-droite ancre par ailleurs son discours sur une promesse de «modération fiscale». Il promet de ne pas accroître la pression sur les ménages et d’opter pour une meilleure répartition de l’effort contributif. L’accent est mis sur la lutte contre la fraude sociale et fiscale, un thème cher au RN, qui souhaite alors dégager des marges de manœuvre pour financer d’éventuelles baisses de prélèvements ou revaloriser certaines prestations sociales.\n\nLa question du financement de ces changements profonds demeure toutefois cruciale. Les économistes interrogés doutent de la faisabilité budgétaire d’une telle transformation, soulignant que toute réduction de cotisations sociales ou de charges pour les entreprises aurait un impact direct sur le budget de la Sécurité sociale, à moins d’être compensée par d’autres recettes ou d’importantes économies. Conscient des interrogations, Jordan Bardella mise sur « le courage politique » pour réformer l’État, tout en assurant qu’aucun droit acquis ne serait menacé.\n\nSur fond de tensions sociales et de débat national sur le coût de la vie, le Rassemblement National espère, en s’appropriant ces thématiques, trouver un nouveau souffle en matière économique et convaincre au-delà de son électorat traditionnel. Reste à savoir si cette stratégie programmatique, articulée autour de la simplification et du pouvoir d’achat, saura convaincre des électeurs toujours plus exigeants sur la crédibilité et la soutenabilité des propositions avancées en vue de 2027.
