Le marché du logement neuf en France semble avoir retrouvé son souffle. Après plusieurs mois de ralentissement, le nombre de permis de construire délivrés a connu une nette progression en mars, selon les dernières données publiées par le ministère de la Transition écologique. Cette hausse inattendue pourrait marquer un tournant dans un secteur fragilisé par la hausse des taux d’intérêt, l’inflation et le recul de la demande.

D’après les chiffres officiels, près de 40 000 permis de construire ont été accordés au cours du mois de mars, soit une augmentation de plus de 15 % par rapport au mois précédent. Ce rebond s’inscrit en rupture avec la tendance observée depuis le début de l’année, qui était jusqu’ici à la baisse. Les professionnels du secteur y voient le signe d’une stabilisation, voire d’une reprise progressive de l’activité, même s’ils restent prudents quant à l’évolution à plus long terme.

Les grandes agglomérations tirent en particulier la croissance du nombre de nouveaux permis délivrés, avec une concentration des projets à Paris, Lyon, Nantes et Bordeaux. Cette dynamique s’explique notamment par la volonté des collectivités locales de répondre à la très forte demande en logements, alors que la pénurie demeure préoccupante dans de nombreux territoires. « Nous avons réaccéléré l’instruction de plusieurs dossiers en souffrance afin de soutenir l’offre neuve », explique un responsable de la mairie de Bordeaux.

Les promoteurs immobiliers saluent cette embellie, qu’ils estiment toutefois fragile. « L’augmentation des permis accordés est une bouffée d’oxygène pour notre secteur, très impacté ces derniers mois par la crise du crédit et la baisse du pouvoir d’achat », estime Frédéric Paul, directeur commercial dans une société de promotion nationale. Il rappelle que l’obtention d’un permis de construire ne débouche pas systématiquement sur un lancement effectif des travaux, car de nombreux obstacles subsistent : coûts de construction élevés, prix du foncier ou encore incertitude sur la commercialisation des biens.

Selon plusieurs analystes, la hausse constatée pourrait également s’expliquer par un ajustement conjoncturel. En effet, une partie du regain pourrait être liée à des retards accumulés dans l’instruction des dossiers en début d’année, en raison notamment de mouvements sociaux ou de périodes de vacances scolaires. D’autres experts signalent l’effet d’un rebond technique, traditionnel à l’approche de la saison printemps-été, période habituellement plus propice aux mises en chantier.

Reste que les perspectives globales du marché du logement neuf demeurent mitigées. Si le nombre de permis délivrés repart à la hausse, celui des mises en chantier demeure en deçà des niveaux historiques, signe que la prudence reste de mise. Les acteurs du secteur réclament par ailleurs des mesures d’accompagnement supplémentaires de la part des pouvoirs publics pour sécuriser le financement des opérations et encourager l’acte de construire, alors que la demande des ménages pour le logement neuf est toujours freinée par un contexte économique incertain.

Pour le gouvernement, cet indicateur positif est néanmoins une bonne nouvelle dans un climat jugé morose. Il confirme, selon les cabinets ministériels, le bien-fondé des récentes réformes engagées afin de simplifier et accélérer l’octroi des permis de construire, au bénéfice de la relance de la construction. Toutefois, la vigilance reste de mise sur les prochains mois, car l’équilibre du marché immobilier demeure fragile et très dépendant des conditions d’accès au crédit et de la conjoncture générale.

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