Face à la montée persistante des prix à la pompe, la députée La France Insoumise Clémence Guetté a relancé le débat sur le rôle de l’État dans le secteur énergétique. Interrogée ce vendredi sur une possible nationalisation de TotalEnergies dans le but de limiter la flambée des prix des carburants, l’élue du Val-de-Marne a répondu « Pourquoi pas », ouvrant ainsi la porte à une réflexion plus large sur le contrôle public de ressources stratégiques.

La déclaration intervient dans un contexte où la facture énergétique des ménages ne cesse de s’alourdir. Selon les dernières données du ministère de la Transition écologique, le litre de gazole est repassé au-dessus de 1,80 euros, tandis que l’essence sans plomb avoisine désormais les 1,90 euros par litre dans plusieurs stations. Pour beaucoup d’automobilistes, cette hausse ininterrompue rogne significativement le pouvoir d’achat. « Nous sommes face à des groupes qui dégagent des profits records, pendant que les Français comptent chaque euro à la pompe », déplore Clémence Guetté.

La députée s’est appuyée sur les résultats financiers de TotalEnergies pour justifier sa prise de position. L’entreprise dirigée par Patrick Pouyanné a en effet annoncé un bénéfice net de plus de 20 milliards de dollars en 2023, porté par la levée des restrictions sanitaires et la forte reprise économique mondiale. Ces profits spectaculaires ravivent le débat sur la redistribution et la régulation des groupes jugés « stratégiques » dans l’économie française.

Clémence Guetté estime que les solutions jusque-là préconisées par le gouvernement, telles que les ristournes ponctuelles et le plafonnement temporaire des prix à certaines stations, ne traitent pas le problème à sa racine. Selon elle, « il n’est pas concevable que l’État reste spectateur alors que des mesures structurelles existent, comme la nationalisation ou la prise de participation majoritaire dans le capital des groupes pétroliers ». Une telle opération permettrait, à ses yeux, de redonner la main à la puissance publique sur la fixation des prix des produits de première nécessité comme les carburants.

L’idée n’est pas nouvelle mais restait jusqu’ici cantonnée aux marges du débat politique. Elle fait désormais son entrée dans l’agenda parlementaire à la faveur de la crise énergétique, alors que d’autres formations politiques restent très divisées sur le rôle de l’État actionnaire. Les Républicains, par exemple, rejettent fermement tout projet de nationalisation, estimant qu’il s’agirait d’un signal négatif envoyé aux investisseurs internationaux. À l’opposé, les bancs de la NUPES, dont fait partie La France Insoumise, plaident pour plus de régulation publique et le retour à une forme de souveraineté énergétique.

TotalEnergies a de son côté rappelé ses engagements en faveur des consommateurs, en maintenant par exemple le plafonnement à 1,99 euro le litre dans quelque 3 400 stations du réseau hexagonal. Une mesure jugée largement insuffisante par Clémence Guetté, pour qui « seule une intervention de l’État permettra de garantir des prix justes et stables ».

Alors que l’opinion publique se montre de plus en plus sensible à la question du prix des carburants, l’hypothèse d’une intervention directe de l’État dans la gouvernance de TotalEnergies ouvre un nouveau front dans le débat sur la transition énergétique et la justice sociale. Si l’idée de nationalisation semble pour l’instant loin d’être consensuelle, elle s’impose de plus en plus comme une option à ne pas négliger, selon certains responsables politiques.

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