À l’heure où la situation économique nourrit de nombreuses incertitudes, le gouvernement entend maintenir le cap de la rigueur budgétaire. Léonore Lecornu, ministre en charge des Finances publiques, a affirmé ce mercredi que l’équipe gouvernementale reste déterminée à ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2029, conformément aux engagements pris devant les institutions européennes et auprès des Français.

Lors d’une intervention devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, la ministre s’est montrée inébranlable. «Le gouvernement dont j’ai la charge ne déviera pas du cap», a-t-elle ainsi déclaré, coupant court aux spéculations alimentées ces derniers jours par les récentes révisions à la baisse de la croissance et les tensions sur les finances publiques. Désireuse de rassurer tant les marchés financiers que les partenaires européens, Léonore Lecornu a insisté sur la «nécessité d’une gestion responsable». Selon elle, «le respect de la trajectoire de réduction du déficit n’est pas un choix technique, c’est une exigence politique et morale» au regard de la confiance à l’égard de la France et de la soutenabilité de la dette.

Cette détermination intervient alors que l’Insee a récemment pointé une dérive du déficit public, passé à 5,5% du PIB en 2023, bien au-dessus de la limite européenne des 3%. Par ailleurs, la dette française a continué de croître, dépassant désormais 110% du PIB. Une situation qui a suscité l’inquiétude de nombreuses institutions internationales et qui a valu à la France d’être placée sous surveillance renforcée par la Commission européenne début juin.

Face à ce diagnostic préoccupant, le gouvernement avait engagé un plan d’économies de 10 milliards d’euros pour corriger la trajectoire budgétaire en 2024. Léonore Lecornu a confirmé que «des efforts supplémentaires seront nécessaires» pour atteindre l’objectif. Elle a notamment évoqué «une revue approfondie de toutes les dépenses publiques» dans les prochaines semaines. «Aucune piste n’est exclue», a-t-elle prévenu, tout en promettant que les mesures les plus sensibles seraient «conduites dans le dialogue avec l’ensemble des partenaires sociaux et des collectivités».

La ministre a également réaffirmé que la réindustrialisation du pays, l’investissement dans la transition énergétique et le renforcement de l’éducation ne seraient pas sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire. Elle défend «un équilibre entre responsabilité et ambition» : «Nous voulons revoir nos dépenses mais pas au détriment de notre avenir. L’action publique doit rester un levier pour la croissance et l’innovation.»

Cette position n’a pas empêché l’opposition de dénoncer une stratégie jugée trop rigide, à l’heure où la croissance ralentit et où les Français voient leur pouvoir d’achat stagner. Plusieurs parlementaires ont demandé des garanties sur le maintien de certaines prestations sociales et des investissements jugés prioritaires.

En coulisses, Bercy travaille désormais à l’élaboration du projet de budget pour l’an prochain, exercice qui s’annonce sous haute tension. Si la France entend convaincre ses partenaires de la crédibilité de sa trajectoire, elle devra également composer avec des marges de manœuvre de plus en plus réduites. Pour l’heure, le gouvernement assume sa ligne. «La discipline budgétaire n’est pas un dogme, c’est une condition de notre souveraineté», a conclu Léonore Lecornu.

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