Frédéric Souillot a été réélu, ce vendredi, au poste de secrétaire général de Force ouvrière (FO), à l’issue du 26ème congrès confédéral du syndicat qui s’est tenu à Rouen toute la semaine. Cette reconduction marque le début d’un second mandat pour le leader syndical, âgé de 56 ans, qui avait succédé à Yves Veyrier en juin 2022. Les délégués ont ainsi choisi la continuité dans un contexte social tendu marqué par de profonds désaccords avec le gouvernement, notamment sur la réforme des retraites et la question du pouvoir d’achat.
Le vote s’est déroulé à main levée lors de la matinée, après plusieurs jours de débats intenses au sein du congrès confédéral. Frédéric Souillot, seul candidat, a recueilli une nette majorité, témoignant du soutien dont il bénéficie au sein des instances de Force ouvrière. Ce choix est interprété comme un signe de confiance envers sa capacité à défendre les valeurs et revendications historiques du syndicat, tout en faisant face aux nombreux défis sociaux auxquels les salariés sont aujourd’hui confrontés.
En un peu plus d’un an à la tête de FO, M. Souillot s’est illustré par sa participation aux mobilisations nationales contre la réforme controversée des retraites. Son opposition frontale à la ligne du gouvernement est saluée par une large frange de l’organisation, soucieuse de maintenir l’indépendance du syndicat vis-à-vis des pouvoirs publics et des partis politiques. Il a également mis l’accent sur la défense du pouvoir d’achat, alors que l’inflation pèse lourdement sur les ménages, et s’est prononcé pour une revalorisation immédiate du Smic et des minimas de branches.
La priorité du nouveau mandat, affichée par Frédéric Souillot dans son discours de clôture, sera « la conquête de nouveaux droits pour les salariés » dans un contexte de mutations économiques et sociales accélérées. Le secrétaire général a exhorté le gouvernement à engager de véritables négociations sur la question des salaires, de la pénibilité au travail et de l’amélioration des conditions d’exercice professionnel. Il a aussi dénoncé la précarisation croissante de l’emploi et rappelé le rôle central des organisations syndicales dans le dialogue social.
Au sein de Force ouvrière, la ligne de Frédéric Souillot consiste à continuer de défendre farouchement la laïcité et l’universalité de la Sécurité sociale, deux piliers du programme syndical depuis sa création en 1948. Le syndicat entend également renforcer sa présence dans les secteurs où il est encore peu implanté, à l’image des PME et du secteur privé dans son ensemble. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté d’élargir la base syndicale, alors que la syndicalisation demeure globalement faible en France comparée à certains de ses voisins européens.
Frédéric Souillot devra par ailleurs composer avec les attentes d’une base syndicale parfois fragmentée, et relever le défi du rajeunissement des équipes syndicales. Il s’est dit déterminé à engager un travail de fond pour adapter FO aux évolutions du monde du travail, sans renier ses fondamentaux. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour le syndicat alors que de nombreux dossiers sociaux figurent à l’agenda politique, du futur projet de loi Travail au traitement des mobilisations contre la vie chère.
Avec cette réélection, Frédéric Souillot s’inscrit dans la continuité tout en revendiquant un cap résolument offensif face à des politiques gouvernementales jugées hostiles aux intérêts des salariés. Il s’est engagé à porter la voix de Force ouvrière avec la même détermination que lors de son premier mandat, promettant de « ne rien lâcher » sur les grandes batailles sociales à venir.
